Moi, personne ne m'a jamais traité de sale Chilien

Balade sonore et visuelle en 3 langues

Vladimir Cruells auteur et metteur en scène, Baptiste Goulay réalisateur, Lorca Renoux regard extérieur, Farida Ouchani comédienne, Sally Campusano comédienne, Nils Öhlund comédien, Déborah Lepage chargée de production

 

 

 

 

 

 

Contacts: Vladimir Cruells 06 81 71 82 47  Déborah Lepage 06 09 01 67 27

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Comment éviter de célébrer les défaites ? En interrogeant plutôt les répercussions du coup d’Etat de Pinochet sur le temps long, nous choisissons de célébrer l’histoire de 50 années de luttes et de solidarités.

L’histoire de Fontenay-sous-Bois est étroitement liée à celle des exilés politiques : plus de 800 familles venues d’Argentine, d’Uruguay et surtout du Chili y ont été accueillies à partir de 1973.

Depuis 2017, Voix Machine s’est fait collecteur de récits de la communauté chilienne et y mêle les récits des réfugiés plus récents, d’autres origines, pour faire dialoguer leurs témoignages.

En tant que Chilien né en 1971 au Chili et arrivé en France en 1974, Vladimir Cruells est dépositaire de cette histoire et de sa transmission. Qu’est-ce que l’arrivée massive d’une communauté dans un territoire provoque ? et apporte ? Notre spectacle interroge les conditions d’accueil à travers neuf témoignages d’accueillants et d’accueillis dans plusieurs régions.

Pour ce projet, Voix Machine invite 3 comédiens, eux-mêmes issus d’immigrations plus ou moins récentes : Nils de Suède, Farida du Maroc et Sally du Chili. Ils interpréteront les 9 récits choisis en trois langues (français, espagnol et arabe). Une Chilienne récemment arrivée en France s’empare du récit d‘un Camerounais en attente de solution digne. Un Français d’origine suédoise nous livre les souvenirs d’une Chilienne arrivée dans les années 70. Une Franco-Marocaine devient un guide de haute montagne de Briançon en maraude.

Théâtre documentaire et goût de l’affabulation : ces échanges d’identité nous permettront de matérialiser la filiation migratoire entre ces générations.

Dans les rues de la ville, sur les murs de maisons qui ont été témoins des multiples accueils, des scènes filmées en intérieur et projetées en extérieur donneront au public sous casque l’illusion de pouvoir traverser les murs pour découvrir la vie quotidienne de personnes souvent invisibilisées.

Une déambulation,
Marcher pour se rencontrer.
Comme une histoire à fabriquer ensemble,
Une histoire qui se lit en marchant,
Qui se vit en écoutant les murs se raconter.
Une mémoire à convoquer aussi souvent que possible,
Active, vivante et plurielle.
Augmenter les récits pour nous donner de la force,
Pour accueillir des histoires, leurs blessures et la joie de nos enfants.
Les parois sont fines, poreuses, la solidarité s’invente là, immédiatement,
Un coin de table, un cahier à spirale, le thé de 18h.
Pour aller bosser : la carte orange ou le vélo du camarade?
Les enfants apprennent le français à leur parents,
On regarde l’heure passer, on ne compte plus les défaites,
Malgré tout on danse, on chante, on rit, on boit.
On n’oublie rien, on compte en silence, on attend
Le jour où la peur aura changé de camp.
On marche!
Sans le vouloir, à contre-courant,
Craignant le jour, la nuit.
L’anniversaire nous rappelle à nos conditions,
Impuissants face au temps,
Aux stigmates du temps, cachés derrière une ride.
La célébration arrive, inexorablement,
Balayant sur son passage les doutes, les artifices qui nous font tenir.
Mais le temps fait son travail, il avance.
Il marche!